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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 22:58

Transports, courriers, santé, social, depuis une quinzaine d'années les services publics se dégradent à une vitesse accélérée. Laurence a attiré mon attention sur la situation d'une personne âgée qui a fait la douloureuse expérience d'un séjour en foyer logement. A titre exceptionnel, je lui ouvre les portes de mon blog pour qu'elle puisse s'exprimer.

EXPRESSIONS LIBRES

 

OU

 

UN TEMOIGNAGE QUI FAIT REFLECHIR…

 

Les conditions de vie en foyer logement

vues par une résidente 

qui a décidé de retourner vivre dans sa maison

  • Dans une société qui prône des valeurs d’égalité, de fraternité et d’humanisme…
  • Dans une société qui régente des règlements et des procédures de plus en plus strictes…

… je me sens dans l’obligation morale d’écrire le récit d’une personne âgée que je connais et qui est, à ce jour en janvier 2015, âgée de 89 ans.

Cette dame, veuve, prénommée Alice* a souhaité en 2013 quitter volontairement son domicile, une jolie maison dans un quartier résidentiel dans lequel elle a vécu de belles années avec son mari, depuis décédé ; et ses enfants devenus adultes et autonomes.

Elle a donc déménagé dans une Maison (ou plutôt un établissement nommé officiellement foyer logement)) pour personnes âgées dans la même commune. Elle connaissait les lieux et le personnel puisqu’elle y allait chaque semaine pour chanter au sein de la chorale avec des résidents et résidentes devenus des amis…

Se voyant vieillir, malgré une relative bonne santé, elle s’est imaginé que ce serait mieux pour elle, pour ses enfants qui seraient sans doute rassurés de la savoir entourée d’amis et… d’un personnel compétent.

Elle y voyait aussi le moyen d’être accueillie, hébergée, soutenue, entourée et de bénéficier d’animations distrayantes et ludiques.

Or, ce projet de vie s’est vite métamorphosé (dans un délai de 6 mois) vers le sentiment d’une vie pleine de désespoir, un sentiment de ne pas vivre en tant qu’individu libre mais en tant qu’une personne incluse dans un système collectif et prisonnière de celui-ci. Cela lui a semblé évident dès son arrivée. Le manque de discernement et de communication entre les agents a parfois des conséquences insoupçonnables sur les personnes âgées hébergées au sein du foyer logement. Des décisions prises dans l’intérêt collectif effacent l’adaptabilité éventuelle de ces mêmes décisions en fonction de l’autonomie de chaque personne.

Je vous propose donc de lire le texte écrit par cette personne et qui s’intitule :

 

POURQUOI j’ai quitté

 la Résidence pour personnes âgées

après un séjour de 6 mois ?

 

Voici son texte écrit fin 2013 :

« En préambule, je souhaite dire que je connaissais bien la résidence. En effet, j’y ai fréquenté la chorale et aussi participer à certaines activités durant 15 ans. J’y ai de nombreuses connaissances.

Proposition non tenue

Quelques mois après avoir formulé ma demande d’admission, j’ai reçu un appel téléphonique m’annonçant qu’un studio, situé au 5e étage se libérait et qu’il pourrait m’être attribué. Il me convenait parce qu’il était équipé d’un balcon extérieur avec une vue sur le fleuve attenant à la Réisdence..

J’ai attendu des nouvelles et j’ai appelé plusieurs fois pour avoir une confirmation sur cet emménagement. Lors du dernier appel, l’équipe d’encadrement était en réunion. Par la suite, j’ai eu la fâcheuse surprise de m’entendre dire : « Avec nos regrets, le studio vient d’être alloué à une autre personne». Quelle déception !

Quand un autre studio m’a été proposé (au 2e étage et sans balcon), j’ai néanmoins accepté, les démarches pour mon déménagement étant en cours.

 

 

Conditions matérielles d’accueil

Ce studio, ayant été occupé par une personne à mobilité réduite  nécessitant l’utilisation d’un fauteuil roulant, je l’ai trouvé dans un triste état. Tout était à refaire !

Dans le plafond, le lustre enlevé laissait apparaître un trou, le revêtement de sol  et la tapisserie étaient abîmés. Les toilettes ont dû être nettoyées à l’acide et les tuyauteries ont dû être débouchées. L’état des lieux a d’ailleurs confirmé cet état de fait.

Je ne sais pas si la caution de Me Brigitte* (ancienne locataire) a été remise en totalité à sa fille, mais je n’en ai pas bénéficié matériellement !

De plus, durant tous les travaux de remise en état (d’une durée d’un mois pour un coût total de 4000 euros), le lit de cette dame est resté dans le studio. Après plusieurs demandes au service Accueil et, en dernier ressort 8 jours avant mon  installation, le lit a été retiré par Jean-Claude*, agent technique aidé de mon gendre.

Il manquait un store à la fenêtre située au-dessus de l’évier. J’ai fait, sans cesse, des rappels au service Accueil et durant 6 mois. J’ai même confirmé par lettre ma demande. J’ai quitté l’établissement et le store n’a jamais été mis ! J’ai subi le soleil le jour et la clarté la nuit. Pourquoi n’y-a-t-il pas eu de réponse à ma demande ? J’ai ressenti une telle inertie ! Mes « connaissances » m’avaient prévenue que je n’aurai aucune réponse à mon souci, aucune suite à ma demande. Elles même attendaient toujours…

 

 

Et l’intimité ?

Concernant la sonnerie de la porte d’entrée du studio, nous avions été prévenus qu’un ouvrier passerait pour remettre des piles dans un boitier. On sonne à ma porte… Je n’ai pas eu le temps d’ouvrir la porte que Jean-Claude* (agent d’entretien) et l’ouvrier étaient entrés dans mon studio. Ce fait me paraît extrêmement gênant car j’étais en sous-vêtements.je leur ai demandé de se retirer immédiatement pour que je puisse être « présentable » et j’ai informé le service Accueil de cet incident. Ma fille a relaté ce fait, par messagerie, à Melle Laurence*, Directrice adjointe à l’époque. C’était la parole de Jean-Claude* contre la mienne ! Aucune excuse de la part de Jean-Claude ! J’ai appris, par la suite, que d’autres résidents avaient subi ce même fait (l’une d’elle se trouvait sur les toilettes). Même si certaines sont allées au service Accueil pour le signaler, elles n’ont jamais eu d’excuses. Une résidente m’a dit qu’elle avait proposé qu’un signe distinctif soit mis aux sonnettes des studios  selon qu’il s’agit de locataires dépendants (service EPHAD) ou autonomes (foyer logement) surtout pour le personnel stagiaire qui change régulièrement et qui doit prendre connaissance des lieux. J’ai moi-même trouvé dans ma salle de bains des « protections », signe que quelqu’un était entré chez moi en mon absence. Cette personne n’a pas réalisé que le studio était occupé par une personne en foyer logement n’ayant pas besoin de ce type de prestation de service.

 

 

D’autres faits prouvent qu’on est bien en « maison » de retraite.

Le dimanche est un jour où nous pouvons nous attabler avec nos amis. Cette décision a été prise après un vote mais… aucune place ne peut être retenue. « J’y veillerai » a dit Me Christiane*. Pour parvenir à manger avec des personnes de notre choix, des résidentes, dont je faisais partie, prenaient place au restaurant à 11h45 au lieu de 12h !

Me Rose* s’exprime collectivement au micro : « J’ai vu des personnes emmener son reste de vin. Jusque maintenant, je n’ai rien dit mais, la prochaine fois, j’interviendrai ». A partir de ce fait, je ne vous décris pas l’ambiance ! Chacun se demandait quelle est la personne en question. Quel manque de pédagogie et de tact ! Il suffisait de s’entretenir avec la personne individuellement.

Une personne assise à la table que j’occupe, Me Béatrice,  avait une amie qui lui remettait une petite plaquette de beurre qu’elle n’utilisait pas. Une autre résidente l’a montrée du doigt et ce fait est remonté à Me Christiane* laquelle est venue dire à Me Béatrice* qu’elle ne pouvait plus accepter ce beurre ! Me Béatrice, pleurant, qu’elle aimerait quitter la Résidence mais que, malheureusement, elle ne pouvait plus car n’ayant plus de logement à l’extérieur! Me Béatrice* n’aurait pas dû donner suite à ce « racontar », c’est ouvrir la porte aux délations ! La personne qui a provoqué l’intervention de Me Christiane s’en est vantée auprès de moi.

 

 

 

 

Le règlement prime sur l'intérêt des usagers.
Le règlement prime sur l'intérêt des usagers.

Un autre fait me concerne directement cette fois !

Un dimanche, après un repas convivial, alors que je quittais la table en emportant mon fromage (non emballé), j’ai été apostrophée par Me Rose* qui est, pour moi, une personne respectable et éduquée :

  • « Me X(mon nom), j’ai vu que vous mettiez votre fromage dans votre sac ! ».
  • « Je ne m’en suis pas cachée, j’ai un petit appétit et je l’emporte » Ai-je répondu.
  • « Vous n’avez pas assisté à la réunion des repas sinon vous auriez appris que le règlement l’interdit ! »
  • A ma connaissance, je n’ai jamais lu cette interdiction et j’attendrai la lecture du rapport pour éventuellement m’y conformer »
  • « Quand on ne se soumet pas au règlement, on quitte la Résidence ! »

J’ai été offusquée de cette intervention et cela a été dit suffisamment haut pour être entendu par d’autres résidentes.

A la suite de cette algarade, je suis allée voir Me pour prendre connaissance du compte rendu de cette réunion. Elle n’avait pas eu le temps de le dactylographier et je devais « m’adresser au service Accueil pour en prendre connaissance en temps voulu ». J’en profite pour lui demander les jours et heures de permanence car elle travaille sur deux établissement (un quart de temps à la Résidence et trois quarts de temps dans un autre établissement). La réponse a été : « Mes permanences ne sont pas fixes, il faut voir l’accueil ».

Un changement de place à table au restaurant est impossible !

En entrant à la Résidence, une place à table vous est attribuée au restaurant. J’ai été placée devant un Monsieur, certes charmant, correct, mais qui, malheureusement ne peut tenir une conversation (il fait partie des personnes accueillies en EPHAD). Dès lors, durant une heure et demie, pendant le repas, je ne peux pas converser. Mes amies m’ont dit que je pouvais demander un changement de place. Je suis donc intervenue auprès de Me Dubois* et j’ai sollicité une place à une table qui comprend, certes, 8 couverts mais rarement occupés puisque tous les repas ne sont pas pris par l’ensemble des convives de cette table.

Dans un premier temps, Me Dubois* semblait d’accord pour ce changement. J’ai ensuite appris que ma demande avait été discutée en réunion et que Me Pierrette* s’y était opposée. Lors d’un entretien avec Me Pierrette*, elle semble surprise de ma réaction et me précise qu’elle n’avait pas mis formellement son véto mais qu’effectivement une table de 8 couverts pouvait poser problème si on ajoutait un autre couvert. J’ai donc fait la proposition suivante : « Quand le nombre de place possible n’est pas complet, pourrais-je m’y installer ? Et si elle est complètement occupée, je retourne à la place qui m’est actuellement attribuée ! » On m’a répondu que ce fait aurait pu faire jurisprudence… Me Pascale* a fait directement une petite enquête près des résidents de cette table tant convoitée par moi-même. Les personnes qui y sont installées sont toutes des connaissances et donc pour elles, pas de problème ! Les deux responsables devaient se revoir à ce sujet, mais aucune réponse ne m’a été apportée. J’ai éprouvé un mal-être, j’ai perdu l’appétit et j’ai maigri de 4 kilos…

Il fallait que je prenne une décision : celle de PARTIR !

Ma fille, sentant mon mal-être, s’est dérangée à la Résidence au mois d’août 2013, un matin vers 8 heures en espérant rencontrer la responsable de la restauration. Elle voulait évoquer avec elle ma demande de changement de place à table. Cette personne n’étant pas là, ma fille a laissé son numéro de téléphone. Me Dubois* l’a rappelée et lui a précisé qu’elle s’était rendue à Mon appartement pour me rencontrer mais que je n’étais pas chez moi ! Ma fille lui a demandé si elle avait laissé un petit mot sous la porte ? – Non – « vous avez tenté de la joindre par téléphone ? – Non, je n’ai pas ses coordonnées, je suis responsable dans plusieurs établissements. Ma fille lui a donné mes coordonnées téléphoniques et lui a demandé quand elle pensait me joindre…

Mon départ de la Résidence

J’ai envoyé une lettre en envoi recommandé avec accusé de réception. J’ai alors informé officiellement le responsable de la Résidence de mon départ fin septembre 2013. Rencontrant Gérardine,, je précise que je m’en vais.

Elle me répond : « Effectivement votre départ est prévu le 20 septembre ». Je suis stupéfaite ! Je n’ai pas indiqué de date précise. Je me renseigne donc près du service Accueil pour m’entendre dire que je quitte le logement le 20 septembre au soir et je ne fais plus partie des résidentes à partir de cette date.

Ma lettre étant arrivée le 20 août, le personnel de la Maison avait estimé que le 20 septembre, je partais. Or, je ne pouvais m’engager sur un départ à cette date car mes enfants étaient en vacances, qu’il fallait prévoir un déménagement anticipé, un démontage des meubles de cuisine (non repris)… Devant mon désarroi, je n’ai pas compris la proposition qui m’a été faite : à savoir que je pouvais bénéficier d’une chambre d’hôte ! Je n’ai toujours rien compris !

Le déménagement s’est donc fait en vitesse le 21 septembre et le studio a été libéré à 11h30. Pourquoi ? Y-a-t-il un règlement à respecter fermement sur cette question ? j’ai pourtant appris par mes amies que ce studio n’a pas été occupé tout de suite…

Ce studio a été entièrement refait (parquet, tapisseries, peintures, petit coin cuisine aménagé…). Il a été visité par le neveu de Me Marianne, femme de l’ancien maire de la commune, qui n’a fait aucun geste financier pour la restauration du logement.

Un foyer logement déconcertant

La question de la caution

Une caution a été versée soit 1 074 € le jour même de la signature du contrat locatif le 19 février 2013.Le règlement stipule que cette somme sera restituée au départ du locataire (l’état des lieux attestant que ce logement était impeccable). J’ai quitté le studio le 21 septembre 2013. Le 12 novembre, aucun remboursement n’a eu lieu malgré mes diverses demandes téléphoniques à la Résidence. On finit par me dire que je dois me présenter à la comptable de l’autre. Ce 12 novembre 2013, je rencontre la comptable qui me précise qu’elle n’est pas habilitée à faire un chèque. J’attends et je lui dis que je ne bougerai pas tant que je n’ai pas un interlocuteur qui puisse me répondre favorablement…

J’attends…

J’insiste en précisant que j’ai besoin de cette somme d’argent. La réponse est la suivante :

- « Je vais téléphoner ».

Elle téléphone (à qui ?) et là, on me fait savoir qu’il faut que je ramène un RIB (Ne pensez-vous pas que cette information aurait pu être transmise bien avant ?)… et que ce virement ne sera pas fait avant un mois…

Ma fille a, de ce fait, un mail de réclamation et une lettre avec accusé de réception (à laquelle, je n’ai eu aucune réponse, aucune attention à ce courrier). Par le téléphone fixe de mon domicile et plus précisément un message sur le répondeur la comptable du foyer me précise que le versement sera fait sous huitaine. Trouvez-vous logique que je ne sois pas avertie directement ? Il a fallu un mail, précisant mon mécontentement, pour que la structure veuille « bouger » !

Malaise dans la rue

J’ai eu un malaise le 13 mai 2013, dans la rue et j’ai été emmenée avec le SAMU. J’ai eu le temps de dire « studio 22 - Résidence). Une personne a téléphoné à la Résidence pour donner l’information. La réponse a été qu’on ne me connaissait pas ! Peut-être que la personne a mal prononcé mon nom… J’en doute car une autre personne (elle peut témoigner) qui se trouvait dans la salle d’accueil et qui connaissait ma famille s’est permise d’appeler ma fille Mathilde X*. Il suffisait de prendre mon dossier d’admission.

Réflexion d’une personne du personnel

Les résidentes du foyer logement (leur présence) permettent aux personnes en EPHAD de se « maintenir ». C’est une politique qui peut être valable mais une présence dans la Maison ne doit pas se concrétiser, selon moi, par une présence continue et obligatoire à la même table.

CONCLUSION

Vivre quelques mois dans cette résidence fut pour moi une expérience. Tout n’est pas négatif. J’ai reçu de chaleureuses marques de sympathie telles que « Bonne continuation, plein de bonnes choses pour vous, gardez la santé et votre sourire » (Je l’avais perdu !).

Madame X*

Et voilà, que penser de cette tranche de vie ?

Pour ma part qu’il est bien difficile de vivre en institution pour personnes âgées alors que cette dernière se doit de répondre au mieux aux résidents !

Après une vie autonome, pleine de responsabilités, où l’on peut penser et agir à notre guise, où les décisions sont les nôtres gardons notre liberté de décision !

A vos réflexions !

Laurence LIPS

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Published by Daniel Granval
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commentaires

Danet Isabelle 02/02/2015 10:07

bonjour à vous 2 je viens de lire votre blog, j'ai appris sur les cinémas, j'ai rit, sourit, et j'ai retrouvé hélas la triste réalité des lieux de vie pour personnes âgées...j'ai travaillé en remplacement infirmiers en maisons de retraite pendant 3 ans jusqu'en 2005. Selon le personnel elles seront sous leur Dépendance, perdant leur personnalité, infantilisés. ... Il s'agit de maltraitance souvent institutionnelle mais pas que.........

electricite paris 13 01/02/2015 03:22

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.
Cordialement

plombier paris 2eme 30/01/2015 21:20

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