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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 14:07
Dessin de Francis Campagne
Dessin de Francis Campagne

La grande embrouille de la sécurité routière

Il est incontestable qu'autrefois le nombre de tués était insupportable et qu'il fallait réagir à ce fléau. Aussi, qu'il soit bien clair que ce ne sont pas les objectifs que je critique dans cet article, mais les moyens utilisés. Le fait de s'appuyer sur une démarche coercitive transforme les automobilistes, dont je fais partie, en "gloglos" irresponsables qui adaptent leurs comportement non pas au bon sens, mais à une crainte de la répression et qui reprennent aussitôt les mauvaises habitudes dès que celle-ci se relâche.

Démonstration : Lorsque j'ai passé mon permis de conduire en 1969, on me disait que le conducteur devait adapter sa conduite au contexte. Il n'y avait pas beaucoup de limitations de vitesse et chacun comprenait qu'il ne fallait pas rouler sur la place du village à la même vitesse quand il y avait le marché par rapport aux autres jours. Quand on se faisait prendre en excès de vitesse, nous avions parfois la bonne surprise de recevoir des policiers un avertissement. "C'est bon pour une fois". Puis, il y a eu la mère Pérignon, traumatisée par le décès de son fils et le lobbies de la sécurité routière, puis un petit ministre de l'intérieur, roquet et teigneux, sensible à toutes forme de lobbies. Sous couvert d'une cause juste et honorable il décida d'instaurer la tolérance zéro. Bien entendu pour les autres, pas pour lui. Ainsi, l'automobiliste distrait, occasionnellement en faute était assimilé aux grands délinquants de la route qui sont, précisons le les plus dangereux et minoritaires. Avec l'aval du président de la République de l'époque, fut instauré le permis à points. Heureusement qu'il n'y avait pas pour eux un permis de gouverner à points, ils l'auraient perdu dans les six mois.

Comme si ces excès ne suffisait pas, une nouvelle réglementation permettait aux maires des communes de poser des restrictions de circulation sans autorisation préfectorale. On vit alors apparaître toute une série d'aberrations : vitesse à 50 au milieu des champs

; zones 30 n'importe où, chicanes, pose de bosses sur les routes après avoir bouché les trous ; stops sur des voies principales, etc.

C'est ainsi qu'on se retrouva avec des zones 30 devant les écoles, ce qui se justifie aux moments des entrées et sorties des établissements scolaires, mais qui n'a aucun sens en dehors de ces créneaux. Et bien entendu, c'est à ces moments que les policiers, contraints à des résultats, viennent piéger les automobilistes. "On fait notre travail", dissent-ils ; comme leurs collègues au Vel d'Hiv, il y a plus de 70 ans.

Effectivement, le nombre des morts sur les routes a baissé. Mais comme on a privilégié la répression à l'éducation, dès que la pression se relâche, les résultats se dégradent. Comme nous sommes dans une période durant laquelle nous avons d'autres problèmes plus graves à régler et que nous avons besoin des policiers pour cela, on relâche la pression sur les routes. On se lamente alors sur les statistiques défavorables qui annoncent une hausse des morts et des blessés.

Le comble, c'est que dans ces moments là, il y a toujours de sombres crétins qui avancent l'idée de baisser les vitesses autorisées (80 sur les routes) de réduire le taux d'alcool (0,2 g depuis peu pour les jeunes – bientôt pour tout le monde). Ils resserrent ainsi le carcan sur les automobilistes sérieux, sans pour autant corriger les comportements des véritables délinquants de la route.

Je me demande aussi pourquoi ils se mobilisent toujours sur les mêmes causes : la vitesse. Je suis souvent sidéré par le nombre de conducteurs qui n'utilisent pas le clignotant. C'est pourtant important le clignotant. Changer de voie sur une autoroute sans indiquer son intention, c'est dangereux. Je me demande pourquoi les constructeurs s'obstinent à en mettre sur les voitures pour une utilisation aussi réduite ? Et sur ce point, les grandes gueules du lobbies de la sécurité routière, on ne les entend pas.

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Published by Daniel Granval - dans Coups de gueule
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