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26 janvier 2008 6 26 /01 /janvier /2008 00:13

          Sources : Georges Besset « 100 ans de cinéma à Dunkerque ».

 

            La première séance cinématographique eu lieu à Dunkerque en juin 1900 derrière le palais de justice. Le prix de la place était de un franc. Ce cinéma ambulant resta une semaine à raison de deux ou trois représentations de 45 minutes par soirée. Après son départ, les Dunkerquois attendront 18 mois pour goûter à nouveau ce plaisir.

 

            En 1901, quelques cafés, espèrant augmenter leurs chiffres d’affaires, organisaient des projections. Malheureusement pour eux elles étaient déficitaires.

 

            Le 31 décembre 1902 le cinématographe Lumière visite la ville.

 

           Le pionnier du cinéma dunkerquois est un forain, M. Pessey, propriétaire de l’établissement forain «  Au Moulin Rouge ». Lors de la foire d’hiver, il installe dans sa loge un cinématographe. On note aussi lors des nombreuses fêtes foraines de cette Belle Epoque la présence des cinématographes Camors et Marescaux, notamment lors de la foire d’hiver 1906 sur la place de la République et la place Jean Bart… Le cinématographe s’épanouit aussi dans les cafés, notamment rue de la Maurienne, mais aussi un café rue des Pierres ( l’actuelle rue du Maréchal French ), et un autre Place d’Armes, le « Grand Cinéma Brasserie », à droite de la mairie. L’établissement est tenu par M. Laurette et il propose aux clients d’une chope l’occasion de voir quelques vues animées, accompagnées par un piano électrique.

 

            Le premier cinéma en dur qui s’installe à Dunkerque est L’Impérator en avril 1904 dans la salle Sainte Cécile. Peu de temps après, cette salle devient l’ « Omnia Cinéma Pathé ». Les projections sont issues de la firme au coq qui rayonne alors sur la production cinématographique mondiale, mais elles proposent aussi des vues de l’actualité dunkerquoise. Les spectateurs peuvent ainsi voir le passage de l’escadrille de Lyon à Dunkerque, le départ des pêcheurs d’Islande, etc…  D’autres représentations régulières du cinématographe ont lieu grâce au journal local « Le Nord Maritime » qui donne une représentation gratuite lors de la saison estivale chaque mardi et vendredi, place Jean Bart.

 

             Cela donne l’idée à Robert Clemmersenne d’ouvrir la première salle de cinéma au printemps 1905 / « L’Aviation ».

 

            Les projections ambulantes continuaient de s’installer régulièrement sur la place Jean Bart ou place de la république. C’est le vitographe Froissard qui emporte le plus gros succès. Le Vitographe était un système de synchronisation du film avec un disque. Parfois l’aiguille du phono sautait et les vues d’un enterrement étaient accompagnées d’une musique endiablée, ce qui réjouissait les spectateurs.

 

            Le 3 mars 1907, H. Levrette ouvre l’Eden brasserie, une salle de 500 places. L’entrée y est gratuite et les consommations vendues au prix normal. De son côté, Monsieur Epp aménage le cinéma Palace qui sera ouvert au public le 5 octobre de la même année.

 

            En 1907, le « Cinéma Palace », futur « Royal Cinéma » quelques années plus tard, ouvrit ses portes, place Jean Bart. L’établissement, dirigé par M. Dondeyne, est long de 34 mètres sur 8 de large. Les premières mesures de sécurité sont appliquées dans cette salle avec la séparation par une cloison ignifugée de la cabine de projection et de la salle proprement dite. D’autres salles s’ouvrent ensuite à Dunkerque : le « Cinéma de la Maurienne », « L’Eden », le « Cinéma Cailleau » rue de Calais, le « Cinéma Maritime » et le « Cinéma Variétés » qui fonctionnait au café Dubois, 43 rue des Pierres.

 

            On notera qu’à Dunkerque la promotion des cinémas se fait souvent dans le journal Nord-Maritime par les exploitants eux-mêmes ou par leurs proches comme ce fut le cas pour le vitographe Froissard ou l’Eden cinéma brasserie.

 

            En 1910 il existe dix salle dans l’aglomération.

 

            En novembre 1912, un début d’incendie crée une panique dans une salle entrainant 47 morts et 50 blessés. Le mois suivant un accident du même genre survient à Menin. Ceci amène le maire de Dunkerque, le Docteur Geeraert à publier un arrêté fixant de nouvelles règles de sécurité.

 

            Le 31 mai 1913 le Maire inaugura le cinéma du Casino qui vient d’être aménagé avec 1068 places.

 

            Certains cinémLC40-Dunkerque.jpgas ont du mal à vivre (Eh oui c’était déjà la crise). Auguste Lière cesse son activité six mois après avoir rénové sa salle suite aux nouvelles directives du maire. Monsieur Dubois au Variétés 43, rue des pierres demande l’autorisation de pouvoir faire danser. Celle-ci lui est refusée en raison de la mauvais réputation du quartier.

 

            Pendant la première guerre mondiale de nombreuses salles ferment en attendant des jours meilleurs  ou sont réquisitionnées.

 

            Le 12 novembre 1920, 2000 personnes découvrent la salle somptueuse du Palais Jean Bart (Voir description dans le livre de Besset). Le Palais Jean Bart aussi prestigieux soit-il n’aura vécu que 40 ans. Chaque semaine le cinéma faisait construire un gigantesque décor en contre plâqué et carton pâte pour annoncer le film. Les enfants attendaient avec impatience le vendredi jour du changement de programme pour admirer le décor.

 

            Dans les années vingt il y a trop d’exploitants à Dunkerque, ce qui rend la vie difficile pour tous.

 

            Le premier film parlant projeté à Dunkerque a été programmé au Royal (Palace) le 14 novembre 1930. Le titre était « un trou dans le mur ». Le propriétaire du Royal a été pendant quelques années la propriété de Henri Rancy (celui du cirque).

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            Le 12 octobre 1935 c’est l’inauguration du Chantecler. Cette même année tandis qu’ouvraient l’hotel de l’Océan et plusieurs salles paroissiales, le Grand Saint Pol a complètement brûlé. Une société Parisienne a fait construire sur son emplacement le Colisée qui a ouvert en 1936.

 

            Le 16 novembre 1935, trois films licencieux étaient saisis dans une maison de tolérance au 2 de la rue des Casernes. Celle-ci était tenue par Alice Berthe Brochant épouse Descombes. Un flagrant délit de projection de ces films a été constaté. Les services de police avaient reçu depuis quelques temps des doléances de certains capitaines de nvarires, de diverses personnes et d’autorité étrangères se plaignant « des spectacles obscènes qui se déroulaient dans cette maison. Les navigateurs y laissaient leurs soldes ou économies, et la répercussion à l’étranger où les interessés ne manquaient pas de vanter ce genre de spectacles n’était pas sans créer une atmosphère fâcheuse pour nos bonnes moeurs ».

 

            Le Colisée qui programmait des films trop difficiles ne marchait pas. Il fut mis en vente et Fernand le racheta. La programmation de Fernand apporta le succès au Colisée à tel point qu’il remporta le record national des entrées avec « Sissi » film méprisé à Paris qui fit sa sortie nationale en Province.

 

            Le mardi 28 septembre 1937 vers 7 h du soir la ville de Dunkerque reçoit la visite de Harry Baur accompagné de sa femme et de son fils. Il séjournera une quinzaine de jours dans la ville pour le tournage de « Mollenard » de Robert Siodmak. Le tournage démarra en septembre 1937 et se termina en novembre. Alexandre Trauner, responsable des décors du film y reconstitua le port de Shanghaï, alors que les intérieurs Dunkerquois étaient filmés aux studios de Joinville. Quelques scène de moindre importance, toutefois ont été tournées au café « Au retour des darses », et dans divers lieux de la ville. L’harmonie municipale de Dunkerque participa à ce tournage et interpréta pour l’occasion « le P’tit Quinquin » et « Sambre et Meuse ».

 

            En mai 1940 de nombreux cinémas sont endommagés par les bombardments : Le Palais Jean Bart, le Chantecler, le Carnot. Le Royal est complètement détruit.    

 

            En 1942 le Cinevog ne servait que pour les spectacles. Malgré que toutes les conditions ne soient pas requises la commission de sécurité donna un avis favorable à l’exploitation cinéma du fait de la difficulté à trouver des matériaux. Dunkerque-Palace.jpgDunkerque-Cin--ma-Royal.jpg

 

            Une jeune actrice Aline Carola bien connue avant la guerre était originaire de Dunkerque. Son vrai nom était Denise Haezebaert. Elle est morte en 1944 à l’age de 23 ans des suites d’une maladie. 
 

            Lors d’une soirée de l’année 1945, deux amis sortant d’un cinéma devisaient paisiblement du film qu’ils venaient de voir. Mais soudain, la discussion s’élèva. Les mots aimables firent place aux injures, puis on en vint aux mains ! Tant et si bien que M Pierre Weus, l’un des deux alla déposer plainte au commissariat pour coups et blessures. Le titre du film à l’origine de la bagarre était « ça va barder ».

 

            En 1946 de nombreux forains reprennent des projections de cinéma. Les exploitants de dunkerque voient cela comme une concurence déloyale. Ils feront valoir des arguments de sécurité qui porteront leurs fruits. En effet ces projections étaient organisées dans des lieux de fortune et les copies étaient encore en nitrate. Les projections foraines en 35 ont été interdites.

 

            En 1946 Pierre Bogaert professeur de lettres au collège Jean Bart Crée un ciné-club. En 1947, le jeudi se sont les séances de patronnages qui reprennent.

 

            Monsieur Delaval ferme la salle Sainte Cécile et ouvre le REX en 1955. Jean Guyart construit le Régent en 1956. Il ouvrira le 1er janvier 1958 avec « le chanteur de Mexico ».

 

            1962 fermeture du Cinelux. L’idéal devient le Ritz. Il appartient à Jean Guyart ainsi que le Casino, le cinévog et le Régent (1963). Il reprendra le Chantecler en 1964 à Henri Codron, ainsi que le Sainte Cécile et le Rex à Delaval en 1969.

 

            En 1964 c’est le tournage du film « Week-end à Zuydcoote ». 1500 figurants. Ils toucheront 47 francs par jour. Henri Verneuil loue une villa à Bray Dunes. Il manquait de figurants, on fit appel aux dockers. A peine embauchés, ils firent grève et réclamarèrent 5O francs. On peut s’étonner que Verneuil ne soit pas allé tourner à Anvers.

 

            Le Colisée ferme en 1973 ; Le Ritz en 1977 ; Le Casino le 30 septembre 1979. Jean Guyart part en retraite en 1981. Le Rex est rénové et transformé en un complexe de quatre salles en 1981. Le Chantecler est rénové en 1982. On y fait deux salles. Il sera fermé en avril 1988. Il réssucitera pour deux ans de 1990 à 1992 grâce à l’association « Plan séquence ». Le ciné club de la MJC se transforme en salle d’exploitation commerciale en 1983 et devient le Studio 43. Le Cinévog ferme en 1986 après 10 ans de programmation porno. Les "Jean Bart" deviennent « Les Arcades », complexe de 8 salles en 1987. Le Régent ferme en 1988.

 

            En 1989 c’est la création de l’association « Plan Séquence » par les frères Miot et Paul Bonaillie.

 

            Une tentative de Drive-in en 1994 sera de courte durée.

 

            Pour l’année du centenaire, il n’y a que deux cinémas à Dunkerque. L’an 2000 verra l’ouverture du méga-complexe AMC. C’est un nouveau millénaire qui s’apprète à commencer sur des bases pas très solides, puisque dès 2002 l’unique multiplexe américain de France est déjà en grande difficulté et ne résiste pour le moment que grâce aux largesses de la municipalité de Dunkerque. Il continue de fonctionner avec un nombre plus réduits de salles tandis que le Studio 43 en occupe deux.

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Published by - dans CINEMA
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commentaires

Van Agt 11/05/2016 23:32

Bonjour,
veuillez trouver en lien, une version numérique d'un petit livre que j'ai commis pour Paul Bonaillie, qui retrace son histoire de cinéphile et son engagement au Studio 43 de Dunkerque.
Vous souhaitant bonne lecture,
Bien cordialement.

Myriam Van Agt